La Charge Mentale des Architectes: 95% des architectes ont déjà fait un burnout

L'architecture, considérée comme l'un des métiers les plus créatifs et passionnants, est un domaine où l'expression artistique rencontre les défis techniques et les exigences fonctionnelles. Pourtant, derrière cette façade d'inspiration et de création se cache une réalité sombre et souvent ignorée : la charge mentale des architectes. Dans cet article, nous explorerons les multiples facettes de ce fardeau invisible et ses conséquences sur le bien-être et la santé des professionnels de l'architecture.

Photo de Birmingham Museums Trust sur Unsplash

La passion dévorante : un métier où l'on ne compte pas les heures

Les architectes sont souvent animés par une passion dévorante pour leur métier. Ils investissent des heures infinies dans la conception de projets, poussés par un désir ardent de créer des espaces uniques et fonctionnels. Cette passion intense les pousse à dépasser les limites, à rechercher constamment l'innovation et à donner le meilleur d'eux-mêmes à chaque projet. Cette culture du travail est commune chez les architectes, et elle à même un nom, la charrette.

La culture de la charrette, un phénomène bien connu dans le monde de l'architecture, vu qu’elle est présente dès la formation des architectes. Cette pratique, qui implique de travailler sans relâche jusqu'à la dernière minute pour finaliser un projet, est souvent perçue comme un symbole de dévouement et de passion. En effet “il n’est pas rare de finir nos journées de travail entre 4 et 5 heures du matin pendant nos études.” déclare Marion, architecte depuis 5 ans. Cependant, cette dévotion sans bornes peut également entraîner une négligence de leur propre bien-être, les plongeant dans un cycle épuisant de travail acharné et de sacrifices personnels.

Les sources de stress et d'anxiété

Les sources de stress et d'anxiété abondent. Les architectes font face à des pressions financières considérables, des délais serrés et des attentes souvent démesurées de la part des clients. La nécessité de concilier les aspirations esthétiques avec les contraintes budgétaires et réglementaires peut être extrêmement stressante, alimentant un sentiment constant d'incertitude et de pression.

En plus de ces défis, ils doivent gérer des interactions complexes avec leurs clients et les artisans. Des échanges qui se font par e-mail, téléphone, ou whatsapp, et qui peuvent s'étaler sur des heures perdues à discuter de détails ou à clarifier des points. “Les relations humaines sont très compliquées, il y a le stress d’un travail mal fini, penser à relancer les collaborateurs, la peur d’oublier les spécificités d’un projet quand on en gère plusieurs… C’est très très dur à gérer.” (Annelou, architectes sur bordeaux).

De plus, malgré ces efforts, il arrive que les clients demandent des changements de dernière minute ou expriment leur insatisfaction, parfois sans preuve écrite pour protéger l'architecte. Cette incertitude et cette instabilité dans les relations professionnelles ajoutent une pression supplémentaire, faisant peser un poids considérable sur les épaules des architectes et affectant leur charge mental.

Le manque de reconnaissance et de soutien

Entre cet avant/après que tout le monde verra sur Instagram, il existe cette phase cachée de l’iceberg, que seul les architectes éprouvent, et dont on communique très peu au grand public. Des heures supplémentaires à non plus finir, des sacrifices personnels, des burnouts, pour au final un travail dont seul le résultat final sera apprécié.

De plus, le manque de soutien institutionnel et professionnel pour faire face à la charge mentale aggrave encore cette situation, laissant les architectes seuls face à leurs luttes internes. Cette autre facette du problème réside dans les lacunes de la formation initiale des architectes. Les programmes éducatifs des écoles d'architecture ne sont souvent pas conçus pour préparer les étudiants aux réalités du monde professionnel. Ils mettent l'accent sur la créativité et l'expression artistique, au détriment de compétences essentielles telles que la gestion de projet, la compréhension des contraintes administratives et financières ou encore les relations humaines.

Des solutions et des outils existent

La charge mentale des architectes est une réalité complexe et préoccupante qui pèse lourdement sur la profession. Cependant, il est crucial de reconnaître que derrière cette lutte quotidienne se trouve une passion pour la création et l'innovation. En dépit des défis et des pressions auxquels ils font face, les architectes demeurent dévoués, guidés par leur désir ardent de concevoir des espaces inspirants et fonctionnels.

Ainsi, il est impératif de se sensibiliser à cette situation et d'adopter des mesures concrètes pour soutenir les architectes dans leur quête de perfectionnement et d'accomplissement professionnel.

Parmi ces mesures, structurer sa méthodologie en s’outillant peut-être très intéressant. Les architectes peuvent commencer avec des outils digitaux grand public tel que Trello, Notion ou même Excel.

Mais très vite ils auront besoin de se tourner vers des outils spécifiques à la profession, où ils pourront centraliser leur gestion de projet interne comme externe, et automatiser certains process comme mesurer le temps passé par projet.

C'est pour cela que Mesetys est né.

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